Mouvement paneuropéen « Europeans for Artsakh » (Européens pour l’Artsakh). Un deuxième grand mouvement paneuropéen a eu lieu les 27 et 28 janvier pour défendre l’Artsakh.


Le mouvement « Europeans for Artsakh » a organisé, les 27 et 28 janvier 2024, la deuxième mobilisation pan-européenne de grande ampleur en soutien au peuple d’Artsakh (Haut-Karabakh). La première mobilisation s’est tenue le 1er octobre 2023 avec des manifestations de protestation simultanées à Bruxelles, siège de plusieurs institutions de l’Union européenne, et dans pas moins de 13 autres villes européennes.

Deuxième grande mobilisation pan-européenne pour défendre les droits des Arméniens d’Artsakh (Haut-Karabakh)

À travers diverses initiatives orchestrées dans plus de 50 villes européennes, le mouvement « Europeans for Artsakh » a, cette fois-ci, exhorté les dirigeants de l’Union européenne, les pays européens et le Conseil de l’Europe à condamner l’Azerbaïdjan pour sa politique génocidaire de nettoyage ethnique, à exiger la libération des otages (civils, prisonniers de guerre et dirigeants militaires et politiques d’Artsakh), à exprimer leur soutien aux droits des Artsakhiotes déplacés de force, et à imposer des sanctions contre Bakou. Des centaines d’organisations euro-arméniennes ont participé aux événements dans un élan unitaire. Les conseils communautaires, les églises, les associations politiques, caritatives, sportives, de jeunesse, culturelles, locales et pan-arméniennes ont joué un rôle majeur dans le succès de ces deux journées de mobilisation.

Par leur présence, les milliers de participants ont démontré que la page de l’Artsakh n’est pas tournée et qu’ils sont déterminés à poursuivre le combat. Les actions organisées se déclinaient sous forme de rassemblements, de manifestations, d’activités de sensibilisation, de conférences de presse, d’actions caritatives, de conférences, de projections de films, auxquels ont participé notamment de nombreux Maires et élus locaux, des parlementaires, des sénateurs, ainsi que des personnalités politiques, qui ont également exprimé leur volonté de poursuivre la lutte pour la réhabilitation des droits des Arméniens d’Artsakh. Au cours de ces rassemblements, le message des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale de la République d’Artsakh a été lu. Ces derniers font part de leur soutien au mouvement « Europeans for Artsakh » et ajoutent que « dans ces conditions catastrophiques » leur action est « un élan exceptionnel qui inspire l’espoir ». Ils expriment, au nom des Arméniens d’Artsakh, « leur gratitude aux centaines d’organisations européennes pour l’immense travail réalisé et leur soutien, indéfectible à l’Artsakh ».

Le mouvement « Europeans for Artsakh » compte étendre son réseau en intégrant aux 470 organisations européennes signataires de l’appel de juin 2023 de nombreuses organisations arméniennes et non-arméniennes. Une nouvelle lettre de revendications, adressée aux dirigeants de l’Union européenne et des pays européens, ainsi qu’une nouvelle liste de centaines d’organisations signataires, seront rendues public.

23 otage arméniens, dont 8 leaders de la République d’Artsakh, sont toujours illégalement détenus dans les geôles de Bakou, dans des conditions alarmantes

Le peuple arménien traverse une véritable tragédie en Artsakh (Haut-Karabagh). L’Azerbaïdjan a lancé une agression militaire massive contre la population arménienne autochtone de l’Artsakh en septembre 2020 et, plus récemment, depuis le 19 septembre 2023. Cette agression sans précédent a conduit plus de 150 000 Arméniens, dont 30 000 enfants, à quitter leur patrie et à se réfugier en République d’Arménie, dans les pires conditions possibles.

Par ailleurs, contrairement à l’engagement pris de libérer les prisonniers de guerre (article 8 de la déclaration de cessez-le-feu de 2020, qui prévoyait l’échange de prisonniers de guerre, de détenus ou d’otages, ainsi que la restitution des dépouilles des soldats décédés au combat), Bakou détient toujours des prisonniers de guerre et des otages.

L’État et le peuple arméniens ont encore beaucoup à perdre, et l’Azerbaïdjan retient toujours des prisonniers et des otages arméniens. Le vainqueur écrira-t-il l’histoire ? L’Europe regardera-elle silencieusement l’Azerbaïdjan reécrire l’histoire à sa manière ?

Quels sont les objectifs de l’Azerbaïdjan en capturant et en retenant en otage les chefs militaireset politiques de l’Artsakh ? « L’Azerbaïdjan vise à briser la résistance du peuple arménien, à l’humilier,à lui montrer qu’il n’est pas en mesure de se défendre, que si quelqu’un essaie de se battre, il seretrouvera dans cette situation », explique l’ancien médiateur arménien Arman Tatoyan. De même, selon Luis Moreno Ocampo, premier procureur général de la Cour pénale internationale (2003-2012) : « Le maintien en détention des dirigeants de l’Artsakh est un message adressé auxArméniens : si vous revenez, vous serez affamés, humiliés ou tués. Leur emprisonnement estl’aboutissement d’un génocide ».

« La fin d’un conflit armé implique le retour des prisonniers de guerre après la cessation des hostilités,sans condition préalable », explique Aram Orbelyan, expert en droit international. « Dès qu’unecondition préalable est imposée, les prisonniers de guerre sont aussitôt réduits à l’étatd’otages, ce qui est interdit tant par la Convention spéciale des Nations Unies sur les otages ainsique par l’article III des Conventions de Genève, toujours en vigueur, qui stipule que la prised’otages des personnes susmentionnées est interdite en tout temps et en tout lieu et en toutescirconstances. »

La non-libération immédiate d’un prisonnier de guerre est un crime en vertu des conventions de Genève. Un combattant ne peut être jugé pour sa participation à la guerre que dans le cas d’un crime de guerre, auquel cas il ne peut être jugé dans l’État hostile.

« Que vient faire l’accusation de franchissement illégal de la frontière dans le cadre d’un crime deguerre ? Un combattant bénéficie de l’immunité pour les actes de guerre et la participation au servicemilitaire, de la même manière qu’un juge bénéficie de l’immunité pour ses actes judiciaires. Or,lorsqu’un prisonnier est jugé pour avoir franchi illégalement une frontière, où se situe la frontière dansle conflit ? Les Nations unies viennent d’appeler l’Azerbaïdjan à dépénaliser le franchissement illégaldes frontières, qui viole les droits des migrants, même dans des conditions pacifiques », explique Siranush Sahakyan, représentante légale des otages arméniens et défenseur des droits del’Homme. « Un combattant peut-il être jugé pour port d’arme ? Non, il bénéficie de l’immunité. Quellepreuve supplémentaire faut-il pour comprendre que ces actes d’accusation sont faux et qu’il y afondamentalement autre chose ? L’Azerbaïdjan les utilise pour faire avancer ses revendications. »

Ces prisonniers ne sont pas de simples prisonniers de guerre, pour l’Azerbaïdjan, c’est unemonnais d’échange.

De quoi s’agit-il ? « Une carte contre desdes prisonniers, une amélioration des relations avec tel ou telpays, un pays qui joue le rôle de médiateur et des prisonniers qui reviennent. Voire, l’Azerbaïdjans’adresse aux autorités arméniennes pour leur demander de déporter les habitants des villages deLatchine en échange de prisonniers de guerre, pour faire pression sur elles afin qu’elles fassent desconcessions territoriales ou signent un traité de paix en échange de prisonniers de guerre. Les médiasarméniens ont largement rapporté le fait que l’épouse d’Ilham Aliyev, président de l’Azerbaïdjan,s’entretenait avec l’épouse d’Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie, à bord d’un moyen detransport, se disant : « Avez-vous beaucoup de prisonniers ? ». « Oui ! ». « Ne les laissez pas partir sifacilement, gardez-les, vous en aurez besoin ! », explicite Siranush Sahakyan.

Autrement dit, les prisonniers de guerre, les civils et les dirigeants militaires et politiques de l’Artsakhsont par conséquent des otages dès lors que le devoir à leur égard n’est pas respecté et que leurfacteur est utilisé pour servir un objectif.

Le dictateur Aliyev retient les dirigeants de l’Artsakh en otage afin de nier l’existence de l’Artsakh en criminalisant ses dirigeants et ainsi achever son plan génocidaire. Le Président Aliyev rend-il l’Europe complice de ses actes ?

L’État azerbaïdjanais ne cache pas ses ambitions territoriales, notamment vis-à-vis du sud de l’Arménie, dans la région de Syunik, qu’ils considèrent comme un obstacle à l’unification du monde turc

Depuis la fin de la troisième guerre d’Artsakh en 2020, les forces armées azerbaïdjanaises ont attaqué le territoire souverain de la République d’Arménie à plusieurs reprises, notamment en 2021 et 2022, occupant plus de 200 kilomètres carrés. Les forces armées azerbaïdjanaises ont conquis des positions dominantes dans diverses zones autour de la seule route interétatique entre l’Arménie et l’Iran, ainsi qu’à proximité d’un certain nombre de grandes agglomérations.
Après la guerre, le tandem turco-azerbaïdjanais n’a cessé d’évoquer la nécessité d’ouvrir ledit « corridor de Zangezur », dissimulant rarement sa volonté de recourir à la force militaire pour atteindre cet objectif. Même si la partie arménienne est prête, pour sa part, à débloquer les infrastructures de transport régionales et à permettre ainsi une connexion entre la majeure partie de l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan, le responsable de Bakou souhaite toujours un corridor extraterritorial à travers le territoire arménien, sur lequel ne s’étendra pas la souveraineté de la République d’Arménie.
Les cercles officiels azerbaïdjanais revendiquent même ouvertement des droits territoriaux à l’encontre de la République d’Arménie, considérant le territoire de cette dernière, y compris la capitale Erevan, comme des « territoires historiques azerbaïdjanais ». La pensée politique azerbaïdjanaise est allée si loin que le concept politique d' »Azerbaïdjan occidental » et la question du retour en Arménie d’environ un demi-million de réfugiés azerbaïdjanais ont été promus à Bakou sous le patronage de l’État. Sur ce dernier point, le Milli Mejlis d’Azerbaïdjan (le Parlement) a adopté une déclaration correspondante à la fin du mois de décembre. Les propagandistes de l' »Azerbaïdjan occidental » évoquent même la perspective de créer une autonomie en territoire arménien, dans les provinces de Syunik et Gegharkunik. Bakou oublie également qu’environ 400 000 Arméniens ont été déplacés de force d’Azerbaïdjan.
Les forces armées azerbaïdjanaises qui occupent le territoire de la République d’Arménie y demeurent jusqu’à présent, tandis que dans une interview donnée le 10 janvier 2024, le président Ilham Aliyev a annoncé que ces troupes ne quitteraient pas les territoires occupés. Les forces armées azerbaïdjanaises constituent une menace directe pour des dizaines de localités pacifiques en Arménie et ont souvent rendu les travaux agricoles impossibles.
Une autre menace pour l’Arménie est la question des prétendues enclaves. Pendant les années de l’URSS, certains territoires de l’Arménie soviétique ont été cédés à l’Azerbaïdjan soviétique à des fins agricoles, sur des routes interétatiques stratégiquement importantes reliant la République d’Arménie à l’Iran et à la Géorgie. Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan revendique ces enclaves et menace de recourir à la force militaire si elles ne lui sont pas pourvues. Pendant ce temps, Bakou ne dit même pas un mot sur Artsvashen, situé sur le territoire azerbaïdjanais et transformé en enclave en raison de la politique actuelle de l’Azerbaïdjan. En outre, Bakou ne tient même pas compte du fait que les enclaves soviétiques étaient des territoires de l’État arménien, cédés à l’Azerbaïdjan sur décision des dirigeants de l’URSS à des fins agricoles. Aujourd’hui, en l’absence de l’URSS, le droit de l’Azerbaïdjan à utiliser ces territoires disparaît également.
Quant à l’État azerbaïdjanais et aux cercles proches du pouvoir, ils ne cachent pas leurs ambitions territoriales, notamment vis-à-vis du sud de l’Arménie, dans la région de Syunik, qu’ils considèrent comme un obstacle à l’unification du monde turc.
Au niveau de l’État, l’Azerbaïdjan poursuit une politique de haine envers les Arméniens et de destruction complète du système de sécurité militaropolitique de la République d’Arménie, ce qui présente le danger de commettre toutes sortes de crimes contre la République d’Arménie.

L’application de sanctions internationales à l’encontre de l’Azerbaïdjan a deux implications majeures :

  1. Prévenir une nouvelle agression militaire contre la République d’Arménie, ce qui est considéré comme hautement possible de la part de cet État.
  2. Punir l’Azerbaïdjan en tant qu’État et ses dirigeants politico-militaires pour les crimes de guerre et les violations flagrantes des droits de l’Homme.

En particulier, l’Azerbaïdjan :
• a exécuté une politique génocidaire à l’encontre du peuple autochtone d’Artsakh : mesures claires de nettoyage ethnique, y compris de tactiques visant à affamer la population. Contrairement à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies du 14 décembre 1974 sur la définition de l’acte d’agression, une agression a été menée contre l’entité autodéterminée (la République d’Artsakh).
• occupe des territoires relevant de la souveraineté de la République d’Arménie.
• commet des exécutions extrajudiciaires et illégales.
• est coupable de tortures inhumaines de prisonniers, de prisonniers de guerre et d’autres otages, les tuant dans des dizaines de cas.
• a capturé des prisonniers politiques, persécute et arrête arbitrairement ses propres citoyens.
• entrave la liberté d’expression, de mouvement, des médias et des organisations
• manque d’indépendance au niveau du pouvoir judiciaire
• ne garantit pas la liberté de participation au système politique
• poursuit des politiques discriminatoires à l’égard des femmes et des questions de genre
• limite la liberté religieuse
• détruit ou falsifie le patrimoine culturel spirituel du Haut-Karabagh (Artsakh).
• perpétue une tradition vicieuse d’exploitation du travail des enfants.

Aujourd’hui, il est primordial d’assurer le droit du peuple d’Artsakh
à retourner vivre sur ses terres ancestrales, avec la mise en place de conditions et de garanties internationales efficaces, qui assureront au peuple d’Artsakh de vivre libre et avec dignité dans sa patrie

Le conflit du Haut-Karabagh se distingue des autres conflits sur le territoire de l’ancienne Union soviétique par le fait que le peuple d’Artsakh a exercé son droit à l’autodétermination d’une manière juridiquement irréprochable avant l’effondrement de l’Union soviétique et avant que l’Azerbaïdjan ne quitte l’URSS. Ainsi, le Haut-Karabagh n’a jamais fait partie de l’Azerbaïdjan indépendant, puisqu’il ne faisait pas partie de l’Azerbaïdjan au moment de la soviétisation de l’Azerbaïdjan en 1920.
Conformément à la législation interne de l’URSS et aux lois internationales de l’URSS, notamment celle de 1990, le Haut-Karabagh a déclaré son indépendance le 2 septembre 1991, confirmée par un référendum national le 10 décembre, soit environ deux mois plus tard. L’Azerbaïdjan s’est opposé à la volonté du peuple d’Artsakh de vivre librement et dignement dans son propre pays par une politique génocidaire de massacres et de nettoyage ethnique. En particulier, à la suite des pogroms, dépossessions et menaces qui ont eu lieu à Soumgaït en février 1988, à Bakou en janvier 1990, à Maragha en avril 1992 et ailleurs, le territoire de l’Azerbaïdjan a été soumis à un nettoyage ethnique, environ 400 000 Arméniens ont été déplacés et des milliers, dont le nombre est encore inconnu, ont été tués.
L’Azerbaïdjan a eu recours à plusieurs reprises à des agressions militaires combinées à des crimes de guerre contre le peuple de l’Artsakh : de 1991 à 1994, du 2 au 5 avril 2016, du 27 septembre au 9 novembre 2020, du 19 au 21 septembre 2023. Ce dernier a été précédé d’un blocus de près de dix mois et d’un siège complet, entraînant un manque de nourriture, de médicaments, de tous les produits de première nécessité et la famine. En Artsakh, de nombreux cas de famine, de décès prématurés et d’avortements ont été enregistrés en 2023.
À la suite des actes génocidaires de nettoyage ethnique du 19 au 21 septembre 2023, l’Artsakh a été privé de sa population autochtone pour la première fois en 3 000 ans. Plus de 100 000 Arméniens ont quitté leur patrie en l’espace de quelques jours et ont été contraints à se rendre en République d’Arménie sous la menace de leur existence physique. Lors de l’agression récente, tout comme dans la période qui l’a précédée, l’Azerbaïdjan a procédé à la capture illégale de citoyens d’Artsakh dans le corridor de Latchine qu’il contrôle et maintient fermé, ainsi que dans les zones environnantes, ce qui a abouti à l’arrestation de dirigeants militaires et politiques de la République d’Artsakh, y compris d’anciens présidents, du président en exercice du Parlement et d’anciens hauts fonctionnaires dans le corridor Latchine et à Stepanakert.
Les Arméniens d’Artsakh, qui ont trouvé refuge en Arménie, ont été confrontés à une situation humanitaire, sociale et psychologique difficile. Le peuple arménien a accueilli chaleureusement ses compatriotes d’Artsakh et fait tout son possible pour qu’ils puissent intégrer la société et mener une vie aussi normale que possible.
L’Azerbaïdjan, après ses actions qui, selon d’éminents experts internationaux et la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide » de 1948, sont qualifiées de génocide, parle actuellement de résoudre le conflit du Haut-Karabagh. Les principaux acteurs des relations internationales n’ont pas trouvé de solution au conflit.
Dans la situation actuelle, le paradigme de négociation du conflit du Haut-Karabagh, qui a duré une trentaine d’années, a été complètement modifié. Dans le cadre des travaux du groupe de Minsk de l’OSCE, seul format internationalement reconnu, ont été mis en avant le principe du droit à l’autodétermination, le principe de l’intégrité territoriale et la logique du non-recours à la force et à la menace. Aujourd’hui, il est essentiel d’assurer la réalisation du droit du peuple d’Artsakh à retourner dans sa patrie, dans les conditions de l’application de mécanismes et de garanties internationales efficaces, qui rendront possible la vie libre et digne du peuple d’Artsakh dans sa patrie. Cet objectif doit être atteint en exerçant une forte pression internationale sur l’Azerbaïdjan, en appliquant une politique de sanctions et en infligeant des peines légales appropriées aux criminels de guerre.

Source principele : arfd.am